Ascencion du STOK KANGRI (6130 m)

Après le premier trek de 10 jours et notre bonne acclimatation à l’altitude, nous avons décidé de tenter notre première ascension sommitale. Le Stok Kangri étant un sommet dit de «trekking» il n’y a pas besoin d’avoir un bon niveau d’alpinisme pour le réaliser. La seule difficulté réside donc dans l’altitude.

Le départ du trek s’effectue depuis le village Stok. Situé à 15 km de Leh.

Encore une fois s’est posée la question de s’offrir les services d’un guide. Nous avions la chance d’avoir réservé notre guest house chez un couple dont le mari est aussi propriétaire d’une agence de trek et guide de haute montagne. Son avis était que si nous avions pu faire seuls 10 jours de treks sans problème, alors nous n’avions pas besoin de guide pour cette ascension très prisée donc où se retrouver seuls est rare.

En terme de logistique, nous avons laissé le maximum d’affaires à Leh dans notre guest house afin d’alléger nos sacs au maximum. Il est facile de se ravitailler et de se restaurer aux différents camps de base donc nous avons simplement fait le plein de fruits secs avant de partir. Nous avons également loué crampons, piolets et gants chauds sur Leh. (Nous ne savions pas qu’il était possible de les louer au dernier camp de base de l’ascension).

Nous nous rendons donc à Stok en Taxi. De nombreuses mules sont présentes, ainsi que des groupes accompagnés de leur guide. Cette ascension est très prisée par les touristes Indiens qui bien souvent ne sont malheureusement pas du tout préparés à ce qui les attend.

Une dame essaye de nous vendre un permis d’ascension. Nous nous étions renseignés avant le départ auprès des agences. Cette année là, il n’y avait pas besoin de permis. Après lui avoir fait comprendre que nous ne lui achèterions pas un permis qui n’est pas nécessaire, nous nous mettons en route pour rejoindre le premier camp. Il nous faudra environ 5h pour atteindre le camp Mankarmo situé à 4380m d’altitude.

Le soir, nous profitons du repas à l’intérieur de la grande tente du camp puis allons nous coucher. L’ambiance est assez particulière puisque seuls des guides ou muletiers passent la soirée ici. Les autres touristes se restaurant dans des tentes montées pour chacun des groupes.

Le lendemain matin, après avoir pris le petit-déjeuner au camp avec le traditionnel chapati et une omelette, nous nous mettons en route pour le second camp situé à 4969m d’altitude. Ce camp est l’endroit depuis lequel s’effectue généralement la journée d’ascension du sommet. Il nous faudra à peine 3h pour l’atteindre. Mais le principal objectif est de garder des forces car l’ascension s’effectue pendant la nuit pour arriver au lever de soleil au sommet. Après avoir planté la tente, nous passons donc l’essentielle de la journée à nous reposer et à espérer que le beau temps sera avec nous le lendemain. Dehors, le vent souffle et il ne fait pas bien chaud.

camp de base

Avec l’excitation, il sera difficile de trouver le sommeil cette nuit-là. Et c’est vers 23h que nous sommes réveillés par des groupes commençant déjà à partir vers le sommet. Un rapide coup d’œil en dehors de la tente pour prendre la température. Nous observons déjà les lampes des frontales qui commencent à gravir les premières pentes. Vers 23h30, nous voila également lancé dans notre ascension.

Preuve de notre bonne acclimatation grâce au trek de 10 jours réalisé avant cette ascension, nous avançons rapidement et doublons nombreux groupes en recherche d’oxygène. Nous atteignons finalement le glacier après moins de 2 heures de marche. Nous profitons d’une pause pour fixer les crampons à nos chaussures afin de traverser le glacier. Celui-ci est relativement plat et ne présente pas de crevasse. Nous enfilons également des gants chauds car les températures commencent à chuter. Le temps de trouver le bon chemin, il nous faudra une vingtaine de minutes pour traverser le glacier et retrouver le sentier. S’en suit de longs zig zag qui donnent l’impression de ne pas avancer. Nous apercevons quelques lumières devant nous qui nous permettent d’imaginer le chemin.

Au bout de 5h d’ascension, et après quelques passages sur la neige, nous rejoignons le début de l’arrête sommitale. Nous retrouvons le groupe que l’on apercevait devant nous. Les guides sont en train de les encorder pour rejoindre le sommet. Nous parlons quelques instant avec un jeune guide. On apprend qu’il n’y a plus personne devant. Il fait très froid à cette altitude, nous ne nous attardons pas et entamons la dernière partie de l’ascension. Il y a des passages très raides et le manque d’oxygène commence à se faire sentir. Nous atteignons finalement le sommet les premiers. Nous sommes seuls au monde. Le temps ne sera malheureusement pas avec nous et ne nous donnera qu’un aperçu de la vue que l’on espérait avoir.

Les températures très basses nous poussent à ne pas nous attarder au sommet. Nous nous lançons donc dans notre descente. Il faut compter 3h pour rejoindre le camp de base. Avec la lumière du jour, il est beaucoup plus facile de voir ou l’on met les pieds mais la fatigue de la journée aidant certains dérapages plus ou moins contrôlés rythmeront notre descente.

Finalement, nous retrouvons notre tente au camp de base 10 heures après l’avoir laissé. Nous sommes exténués mais nous trouvons quand même la force de trinquer avec une bière locale surnommée « symbol of celebration » par le propriétaire des lieux.

Nous avons décidé de nous reposer le reste de la journée et de faire la descente complète jusqu’à Stok le lendemain.



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